Léon Blum

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Léon Blum(Paris, 9 avril 1872 – Jouy-en-Josas, près de Versailles, 30 mars 1950) était un homme politique français socialiste qui devint Premier ministre et même chef du gouvernement provisoire entre les années 1946 et 1947.

Débuts

Il est le fils d’une famille juive de classe moyenne. Dans sa jeunesse, il est l’ami du futur écrivain André Gide. Il étudie le droit à la Sorbonne et obtient son diplôme en 1894 (Léon blum). Il a travaillé au Conseil d’État, où il a fait une brillante carrière.

Ses contributions au droit de la responsabilité de l’État sont encore valables aujourd’hui. Parallèlement, il a également fait une carrière de critique littéraire. Il est rapidement devenu l’une des figures littéraires les plus importantes en France (il a contribué à La Revue blanche).

Il s’intéresse peu à la politique jusqu’à l’affaire Dreyfus en 1894, qui le traumatise comme tant de Juifs français. En faisant campagne pour Dreyfus, il entre en contact avec le leader socialiste Jean Jaurès, qu’il admire. Il s’engage dans le journal socialiste L’Humanité et adhère au Parti socialiste français, dont il devient rapidement le principal théoricien.

Carrière politique

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate en 1914, Jaurès est tué et Blum prend de l’importance au sein du parti. En 1919, il est nommé membre du Comité exécutif et élu député du département de la Seine (Paris) à l’Assemblée nationale française ;

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Malgré son esprit conciliant et le fait qu’il ne condamne pas la révolution russe, il ne peut empêcher les communistes de se diviser, de fonder le Parti communiste français et de s’emparer de la rédaction de L’Humanité.

Il refonde ensuite le parti, dont il est le représentant pour l’Aude (Narbonne) à partir de 1929. Bien qu’il soit un marxiste orthodoxe, il n’accepte pas le léninisme et est également opposé au soutien des différents gouvernements de la gauche bourgeoise, mais son attitude change lorsque Adolf Hitler arrive au pouvoir en Allemagne en 1933. En 1935, il encourage avec les autres partis de gauche (y compris les communistes) la formation d’un Front populaire, qui remporte les élections de 1936.

Premier ministre du Front populaire

Il est ainsi le premier socialiste juif à devenir Premier ministre de France, ce qui lui vaut d’être assiégé par les antisémites et par la droite autoritaire ultra-catholique ;

Il a également été critiqué par ses partisans, car il a refusé de soutenir les mouvements ouvriers qui appelaient à l’occupation des usines, ni le gouvernement légitime de la deuxième République espagnole pendant la guerre civile

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Tout cela le contraint à démissionner en 1937. Son gouvernement approuve cependant la journée de travail de 40 heures, nationalise les industries d’armement et accorde des droits politiques à la population arabe d’Algérie.

Occupation allemande de la France

Lorsqu’en 1940 les nazis occupent la France, il ne tente pas de fuir le pays, bien qu’il soit juif et socialiste, et fait partie des députés qui s’opposent au transfert du pouvoir au maréchal Henri Philippe Pétain ;

Les autorités de la France de Vichy l’arrêtent et en 1942, il est jugé à Riom, où sa brillante défense expose Pierre Laval. Les nazis ont décidé en 1943 de l’interner au camp de Buchenwald jusqu’en avril 1945, date à laquelle, en raison de l’avancée des Alliés, il a été transféré au camp de Dachau, puis au Tyrol. Son frère René Blum a également été assassiné au camp d’Auschwitz.

L’Europe d’après-guerre

Après la guerre, il est brièvement premier ministre, ambassadeur aux États-Unis d’Amérique et représentant français aux Nations unies. En 1946 il remplace Georges Bidault à la tête du gouvernement provisoire de la République française.

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Il démissionne en 1947, lorsque la nouvelle constitution de la Quatrième République française est adoptée et que le Vincent Auriol, également socialiste, est élu président. Il se retire alors à Jouy-en-Josas, où il meurt en 1950.

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