Le banquier de la résistance

Il a toujours été relativement inconnu, mais l’histoire de Walraven (Wally) van Hall est aussi incroyable qu’impressionnante et mérite d’être connue et racontée.

C’est également l’avis de Joram Lürsen, réalisateur de « Alles is Liefde » (2007), « Alles is Familie » (2012) et « Publieke werken » (2015), entre autres : Le banquier de la résistance. « Ne vous méprenez pas : Walraven van Hall était un véritable héros », dit Lürsen.

« Pendant la Seconde Guerre mondiale, lui et son frère Gijs ont non seulement réussi à unir la résistance, mais aussi à la financer. D’abord par des obligations et des prêts, et quand cela s’est avéré insuffisant, en dévalisant la Nederlandsche Bank. »

Et nous parlons de grosses sommes d’argent, jusqu’à une valeur actuelle d’environ 500 millions d’euros. Sous l’œil attentif de l’un des plus grands collaborateurs des Pays-Bas. Et tout cela au risque de sa propre vie et de celle de sa famille. C’est un miracle qu’il s’en soit sorti, une histoire incroyable.

Cette histoire a maintenant été filmée sous le titre Le banquier de la résistance (2018). Lorsque le banquier Walraven van Hall (Barry Atsma) se voit demander pendant la Seconde Guerre mondiale par un résistant portant le pseudonyme de Van den Berg (Raymond Thiry) s’il veut utiliser ses contacts financiers pour la résistance, il n’hésite pas longtemps.

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Avec son frère Gijs (Jacob Derwig), plus hésitant, il élabore une construction risquée pour emprunter des sommes importantes afin de financer un fonds de secours pour les marins.

Lorsque la résistance s’amplifie et qu’il faut plus d’argent pour faire tourner la machine, les frères mettent au point la plus grande fraude bancaire de l’histoire des Pays-Bas : des dizaines de millions de florins sont siphonnés des coffres nationaux sous l’œil attentif des occupants et du chef de la NSB et également président de la Nederlandsche Bank, Meinoud Rost van Tonningen (Pierre Bokma).

Mais plus l’opération est importante, plus les gens sont au courant. Chaque jour, le risque augmente que quelqu’un commette la seule erreur qui pourrait mettre fin aux travaux et à la vie du banquier de la résistance.

Lürsen et les scénaristes Marieke van de Pol et Thomas van der Ree ont transformé ce pan relativement inconnu de l’histoire néerlandaise en une histoire héroïque classique, avec Barry Atsma dans le rôle de l’aventurier charismatique Wally, qui a su utiliser ses connaissances en matière de finances de la bonne manière pour passer inaperçu.

En revanche, Gijs, plus conservateur, voit constamment des ours sur la route et n’est réellement impliqué dans la fraude que parce qu’il veut protéger son petit frère.

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Dans les flashbacks, nous voyons qu’il a déjà fait cela dans sa jeunesse. C’est également Gijs qui raconte l’histoire au spectateur ; on ne sait pas vraiment pourquoi cette construction a été choisie. De plus, il révèle déjà un peu comment il se retrouve avec Wally, ce qui est un spoiler pour ceux qui ne connaissent pas cette histoire.

Le moment central du film est le hold-up ; ce qui s’est passé exactement n’est pas clair, mais c’est ce qui se passe généralement avec les films de hold-up. Le monde financier n’est pas le plus transparent, le choix d’une présentation simplifiée des choses est donc logique.

Lürsen parvient à faire monter la tension jusqu’au grand tour d’échange des frères Van Hall. Lorsque l’employé de banque de haut rang Ritter (Jaap Spijkers), qui doit échanger les faux titres contre les vrais, descend dans le bâtiment de la Nederlandsche Bank et est déjoué au dernier moment par un employé trop zélé, la tension monte d’un cran.

Cette scène annule le manque de subtilité qui semble gêner le film ici et là : Wally est inspiré pour ses actes de résistance par le passage d’un train rempli de Juifs déportés.

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Van de Pol et Van der Ree s’autorisent plus de liberté : les résistants emprisonnés auraient-ils vraiment pu se parler à travers un trou dans le mur ?

Le banquier de la résistance se présente avant tout comme un solide film d’aventure, avec quelques moments passionnants, certains des meilleurs acteurs que la Hollande a à offrir et un décor méticuleusement élaboré.

Et, de plus, un chapitre oublié de la Seconde Guerre mondiale est raconté. Le cinéphile qui va chercher du pur divertissement est servi à souhait avec Le banquier de la résistance. Film recommandé.

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