Philippe Pétain

Introduction

Henri Philippe Benoni Omer Joseph (Philippe) Pétain, également connu sous le nom de maréchal Pétainou Philippe Pétainplain (Cauchy-à-la-Tour, 24 avril 1856 – Île d’Yeu, 23 juillet 1951), est un chef militaire et politique français qui a joué un rôle de premier plan dans les deux guerres mondiales.

Il fut l’un des plus importants commandants de l’armée française pendant la Première Guerre mondiale, surnommé « le héros de Verdun » et nommé maréchal de France. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il a été chef d’État de la France dictatoriale de Vichy, menant une politique de collaboration avec l’Allemagne nazie. Cela a fait de lui l’une des figures les plus controversées de l’histoire française du XXe siècle.

Carrière

Philippe Pétain était le fils d’un agriculteur de l’Artois : Philippe pétain. Il a été élevé dans la religion catholique. Les histoires de son grand-oncle, qui avait combattu dans l’armée de Napoléon, et la grande impression que la guerre franco-allemande lui a faite, l’ont convaincu de devenir officier. En 1876, il échoue de peu au concours d’entrée de l’école militaire de Saint-Cyr, où il est un élève médiocre.

Il a ensuite entamé une carrière banale d’officier d’infanterie. En tant qu’instructeur de l’armée et professeur temporaire à l’École de Guerre, il s’oppose à la doctrine militaire de l’attaque à outrance qui prévaut alors. Après avoir étudié la guerre russo-japonaise (1904-1905), il est arrivé à la conviction que, compte tenu de la plus grande puissance de feu de l’artillerie moderne, les tactiques défensives étaient préférables.

Pétain défend ce point de vue avec une grande conviction. Cela n’a pas été apprécié par le commandement de l’armée. Cela l’aurait empêché d’être promu général. A 58 ans, à la veille de la Première Guerre mondiale, Pétain n’est plus que colonel et commandant d’un régiment d’infanterie à Arras, dans sa région natale.

La première guerre mondiale

Fin août 1914, un mois après le début de la Grande Guerre, il est promu général de brigade. Quelques semaines plus tard, après la bataille de la Marne, il est général de division. Philippe pétain age. En octobre 1914, il est nommé commandant d’un corps d’armée, avec lequel il participe à l’offensive de l’Artois. Il avait déjà acquis une certaine popularité auprès de ses troupes car il ne voulait pas les sacrifier inutilement au combat.

En 1915, il se voit confier le commandement de la 1ère armée. Il a mené avec succès la défense de Reims et d’Arras. Même à l’époque, il affirmait que la guerre n’aurait pas de batailles décisives et que la victoire reviendrait à celui qui serait le moins épuisé : « Le seul objectif que nous puissions poursuivre, disait-il, est de tuer autant d’Allemands que possible tout en subissant nous-mêmes le minimum de pertes.

Lorsque la grande attaque allemande sur Verdun commence en février 1916, la 1ère armée de Pétain est rapidement envoyée sur le champ de bataille. Dans la bataille acharnée autour de Verdun, elle réussit à tenir son rang en se concentrant sur l’approvisionnement et la logistique. Pétain maintient le moral des troupes en les relevant très rapidement et régulièrement, afin qu’elles ne soient pas exposées trop longtemps à « l’enfer de Verdun ».

L’apport continu de troupes fraîches donne aux Allemands l’impression que les pertes françaises sont beaucoup plus importantes qu’en réalité. Cet effort lui vaudra plus tard le nom de « vainqueur de Verdun ». Ses déclarations Ils ne passeront pas et Courage ! On les aura (Cheer up ! We’ll have them) est devenu largement connu. Cependant, le commandant en chef français Joffre n’apprécie toujours pas l’attitude défensive de Pétain.

Ses demandes constantes de troupes fraîches contrarient les propres plans de Joffre pour une offensive majeure sur la Somme. Après deux mois de combat (la bataille de Verdun durera dix mois), il est promu commandant du Groupe des armées centrales. Il est remplacé à Verdun par le général Robert Nivelle, qui propose une approche offensive.

En mai 1917, Pétain est nommé commandant en chef des armées françaises. Il remplace Nivelle, responsable de l’offensive ratée sur le Chemin des Dames. Ce massacre insensé, qui démontre l’échec de l’attaque à outrance, provoque une mutinerie généralisée dans l’armée française.

Pétain réussit à rétablir la paix, non pas tant par la force (seuls les chefs des mutineries sont exécutés), mais en regagnant la confiance des troupes. Il met fin aux grandes offensives et améliore les conditions de vie des soldats, entre autres en leur accordant des congés plus réguliers.

Ces mesures rendent Pétain populaire, mais d’autres généraux et dirigeants politiques français lui reprochent son attitude trop défensive et son pessimisme, qui s’apparente pour certains à du défaitisme. Lorsque les Alliés désignent un commandant en commun en 1918, ce poste n’est pas attribué à Pétain mais au général Ferdinand Foch, grand spécialiste de l’approche offensive.

Bien que Pétain et Foch ne s’apprécient pas, ils obtiennent des succès ensemble. La deuxième bataille de la Marne, qui marque le début de la défaite allemande, est largement due à la tactique développée par Pétain. Alors que les Allemands reculent de plus en plus, Pétain planifie une grande offensive contre l’Allemagne qui doit commencer le 15 novembre 1918. Cependant, cette offensive n’a pas lieu car le 11 novembre, Foch conclut l’armistice qui met fin aux combats. Pétain a alors le sentiment que Foch lui a enlevé sa grande victoire.

Peu après l’armistice, Pétain devient maréchal de France. Il a reçu le bâton de commandement des mains du président Poincaré lors de sa visite à Metz, qui avait été reprise aux Allemands.

L’entre-deux-guerres

Après la Première Guerre mondiale, Pétain commande à nouveau une armée française : en 1925 et 1926, il commande la force française au Maroc qui, avec les troupes espagnoles, met fin à la guerre du Rif.

De 1920 à 1931, Pétain est vice-président du Conseil supérieur de la guerre, la plus haute fonction militaire en temps de paix. En 1922, il devient également inspecteur général de l’armée.

Il a ensuite exhorté en vain le gouvernement à équiper l’armée de beaucoup plus de chars. L’un de ses collègues de l’époque était le futur général Charles de Gaulle, qu’il avait rencontré en tant que jeune officier à Arras et qui devint son protégé et également son écrivain fantôme.

La réputation de Pétain s’est encore accrue au cours de ces années. En 1929, il devient membre de l’Académie française, succédant à Foch. En 1934, il est ministre de la défense dans l’éphémère gouvernement d’urgence de Gaston Doumergue, formé après de graves troubles politiques. Sa présence au sein du cabinet était censée rendre le gouvernement plus populaire auprès du public, notamment des anciens combattants, et faciliter une augmentation des dépenses militaires.

Cependant, Pétain refuse un poste ministériel dans le gouvernement suivant. Il est resté à l’écart de la politique. De nombreux politiciens le considèrent comme un partisan modéré du régime républicain, qui pourrait éventuellement construire une digue contre l’influence croissante des groupes fascistes.

À cette époque, cependant, les milieux qui aspirent à un régime autoritaire commencent à voir en Pétain un « homme fort » approprié. Philippe pétain biographie. Parmi d’autres, Léon Daudet, de l’Action française, pense que Pétain doit arriver au pouvoir.

En mars 1939, à la fin de la guerre civile espagnole, le maréchal est nommé ambassadeur de France – auprès du gouvernement nationaliste espagnol du général Franco, nouvellement reconnu par la France – à Burgos : (Philippe pétain biographie courte). Sa tâche consiste à maintenir la neutralité de Franco, qu’il connaît depuis la guerre du Rif, au cas où une guerre éclaterait contre l’Allemagne, ce qui devient alors de plus en plus probable.

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D’une part, Pétain veille à ce qu’une partie des réserves d’or espagnoles et les œuvres d’art du Prado, qui avaient été transférées en France par le gouvernement républicain espagnol, soient restituées à l’Espagne. D’autre part, il fait libérer par Franco plusieurs membres français des Brigades internationales emprisonnés.

La deuxième guerre mondiale

En septembre 1939, peu après le début de la Seconde Guerre mondiale, le Premier ministre français Édouard Daladier offre à Pétain un siège au gouvernement. Pétain, qui n’aime pas Daladier, refuse et reste provisoirement en Espagne.

Dès le départ, il n’aurait pas été favorable à une guerre contre l’Allemagne et avait déjà des contacts avec des hommes politiques qui partageaient ce point de vue, comme l’ancien Premier ministre Pierre Laval.

Après l’invasion de l’Ouest par les Allemands le 10 mai 1940, le nouveau Premier ministre, Paul Reynaud, fait à nouveau appel à Pétain, qui accepte cette fois, même s’il sait désormais que la bataille est perdue.

Le 17 mai, il devient vice-premier ministre sans portefeuille. Reynaud espère que la présence du très respecté maréchal au sein du gouvernement renforcera la confiance des Français, mais il ne se rend pas compte qu’il a une vision de la guerre complètement différente de la sienne.

Lorsque la défaite française semble inévitable, le cabinet, qui doit fuir Paris, est profondément divisé sur la marche à suivre. Plusieurs ministres, dont Reynaud lui-même, proposent que le gouvernement se rende à Alger, pour poursuivre le combat du côté britannique de l’empire colonial français.

Pétain ne veut pas abandonner la patrie française. Il pense que la France doit accepter la défaite et essayer d’en tirer le meilleur parti en concluant un armistice. Lorsque le Conseil des ministres se réunit le 16 juin au soir à Bordeaux pour discuter de cette question, un désaccord se produit et Reynaud démissionne.

Le soir même, le président Albert Lebrun demande à Pétain de former un gouvernement, ce qu’il fait immédiatement. En fait, Pétain avait déjà consulté des politiciens de droite et des défaitistes, en premier lieu Laval, au sujet d’un nouveau gouvernement. Le nouveau gouvernement demande immédiatement l’armistice.

Armistice et transfert de pouvoir

Le 17 juin, au lendemain de sa nomination, le nouveau Premier ministre Pétain fait une allocution radiophonique depuis Bordeaux, dans laquelle il déclare que « les combats doivent cesser ».

Cette décision est interprétée par de nombreux Français comme un appel à déposer les armes, bien que les négociations en vue d’un armistice n’aient pas encore commencé. Des unités entières de l’armée se sont alors rendues et les Allemands ont fait plus de prisonniers de guerre français dans les huit jours qui ont suivi le discours que dans les cinq semaines précédentes.

Dans le même discours, Pétain parle du « don de lui-même à la France », annonçant un redressement français sous sa direction. Le discours radiophonique a été très bien accueilli par la plupart des Français.

Un armistice avec l’Allemagne est signé à Compiègne le 22 juin et entre en vigueur trois jours plus tard, après qu’un armistice ait également été conclu avec l’Italie, alliée de l’Allemagne. En vertu de cet accord, l’Allemagne occupe approximativement la moitié nord de la France, ainsi que tout le littoral de l’océan Atlantique.

Le reste du territoire, y compris les colonies, devait être librement administré par le gouvernement français. Ce gouvernement a gardé le contrôle de toute la flotte de guerre et d’une partie de l’armée. Le gouvernement de Pétain est établi dans la ville thermale de Vichy, non loin de la ligne de démarcation avec la zone occupée par les Allemands.

Entre-temps, une campagne a été lancée pour donner au maréchal Pétain, considéré comme le seul à pouvoir sauver la France, des pouvoirs dictatoriaux. Le 10 juillet, l’Assemblée nationale (les chambres réunies du Parlement) décide d’abolir la constitution de la Troisième République et de donner à Pétain les pleins pouvoirs pour dicter lui-même une nouvelle constitution. Le lendemain, Pétain dépose le président Lebrun et se proclame chef de l’État.

A Londres, le général de Gaulle prend ouvertement ses distances avec son ancien patron et déclare qu’il continuera le combat du côté britannique. Mais au début, il n’a pas reçu beaucoup de soutien. Pétain semble avoir le soutien de la grande majorité des Français.

régime de Vichy

À l’âge de 84 ans, le maréchal Pétain devient dictateur de la France. En tant que « chef de l’État français » (le terme « République » n’est plus utilisé), il dispose de plus de pouvoirs que tout autre dirigeant français précédent, même s’il ne les exerce pleinement que dans la zone franche.

En zone occupée, son pouvoir est limité par l’occupant allemand, mais même là, les autorités françaises travaillent au nom de Pétain. Tout le pouvoir législatif et exécutif était concentré en lui. Les lois et décrets qu’il promulgue commencent par « Nous, Maréchal de France, (…) décidons ».

Au même moment, un culte s’est développé autour de lui. La vénérable figure du Maréchal est vue partout, comme un messie qui doit racheter la France qui souffre depuis longtemps. Il y avait même un hymne non officiel : Maréchal nous voilà. Pétain est donc le seul vecteur du régime, derrière lequel se trouvent toute une série de groupes divers : fascistes, nationalistes extrêmes, ultraconservateurs, militaires et politiciens reconvertis du régime précédent.

Révolution nationale

Pétain, qui n’avait jamais pris de positions politiques, annonce une « Révolution nationale » pour réformer le pays. La France devra se remettre de la décadence dans laquelle le précédent régime républicain a plongé le pays et qui a rendu possible la défaite de 1940.

Les principes de cette « révolution » rappellent le fascisme, mais s’inspirent davantage de ses propres opinions et de celles de l’influent penseur Charles Maurras, de l’Action française, qui, par ailleurs, soutiendra Pétain.

L’aversion de Pétain pour la politique partisane empêche la formation d’un parti unique. Comme membres du personnel, il préférait les technocrates aux politiciens. De nombreux postes ministériels étaient occupés par des officiers, des hauts fonctionnaires et des experts, souvent diplômés des grandes écoles.

Contrairement au fascisme, Pétain ne prône pas un État fort. Influencé par Maurras, il prône la décentralisation et introduit les prémices de la régionalisation de la France.

Par-dessus tout, il a fait passer la famille en premier. Les familles avec de nombreux enfants étaient encouragées. Les jeunes devaient recevoir une éducation « saine ». L’Église catholique, qui était devenue un pilier du régime, regagne en influence. Fils de paysan, Pétain pense qu’il faut promouvoir la vie rurale et que l’industrie a été désastreuse pour la société. Avec une « Charte du travail », il voulait introduire des relations sociales harmonieuses dans l’industrie.

Par-dessus tout, l’amour de la patrie française était prêché. Il s’agit de mettre fin à l' »anti-France » et à tout ce qui a mené la France à sa perte : Juifs, étrangers, francs-maçons, communistes. Des mesures explicitement xénophobes ont été immédiatement introduites. Dix jours seulement après son accession à la tête de l’État, il a promulgué une loi exigeant le réexamen de toutes les naturalisations françaises depuis 1927.

Ainsi, 15 000 citoyens français naturalisés, dont 6 000 Juifs, perdront leur nationalité sous le gouvernement de Pétain. D’autres lois limitent les postes gouvernementaux et certaines autres professions aux citoyens français ayant un père français.

Une « loi sur les sociétés secrètes » interdit la franc-maçonnerie et les organisations considérées comme apparentées à celle-ci, telles que le Rotary Club et la théosophie. Pétain avait une aversion personnelle pour les francs-maçons, qu’il soupçonnait de l’avoir frustré dans sa carrière (Philippe pétain descendance). Cependant, d’éminents francs-maçons, comme l’ancien Premier ministre Camille Chautemps, ont soutenu son régime.

Le 3 octobre 1940, Pétain approuve le premier « Statut des Juifs », qui exclut les Juifs de certaines professions. D’autres formes de discrimination sont venues s’y ajouter par la suite. Ces mesures ont été prises sans la pression des Allemands, et les projets originaux du statut des Juifs montrent que Pétain lui-même a renforcé certaines de ses dispositions.

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Pétain ne s’était jamais prononcé contre les Juifs. Il avait même signé une lettre de protestation contre la Nuit de cristal avant la guerre et avait même des amis et des collaborateurs juifs. Cependant, il appréciait personnellement une certaine forme d’antisémitisme. Plus tard, il ne s’opposera pas à la collaboration de la police française avec la Gestapo dans la persécution des Juifs. Il s’est toutefois opposé à l’introduction de l’étoile juive dans la zone franche. Plus tard, il prétendra avoir protégé les Juifs français.

Pétain fait également arrêter plusieurs hommes politiques qu’il tient pour responsables de la défaite. Parmi eux figurent Daladier et Reynaud, ainsi que les politiciens juifs Léon Blum et Georges Mandel. Ils devaient être jugés dans le cadre du procès dit de Riom, mais ont réussi à le transformer en un procès du régime de Vichy. Sous la pression des Allemands, le procès a été arrêté.

Collaborationnisme

En tant que militaire, Pétain est fondamentalement anti-allemand et n’a aucun respect pour Hitler ou les nazis. Cependant, en juin 1940, il est convaincu, comme presque tout le monde en France, que l’Allemagne a gagné la guerre et que la Grande-Bretagne va bientôt abandonner le combat elle aussi. La France a donc tout fait pour parvenir à un accord avec l’Allemagne le plus rapidement possible.

Dans un premier temps, Pétain espère que la paix sera bientôt établie, ce qui mettra fin à l’occupation. Lorsqu’il s’avère que la Grande-Bretagne poursuit la guerre et que l’Allemagne ne travaille pas à la conclusion d’un traité de paix – l’occupation est maintenue et l’Alsace-Lorraine est annexée unilatéralement – Pétain tente d’obtenir des concessions de l’Allemagne par une politique de collaboration. À cette fin, il s’appuie d’abord sur Pierre Laval, qui devient non seulement vice-premier ministre et son successeur désigné, mais aussi ministre des affaires étrangères.

Le 24 octobre 1940, Pétain rencontre Hitler à la gare de Montoire. La photographie de la poignée de main entre les deux chefs d’État est devenue un outil de propagande pour la collaboration, mais la conversation n’a pas donné grand-chose.

Hitler ne fait aucune concession, et Pétain n’accepte pas la demande d’Hitler de faire participer la France à la guerre contre la Grande-Bretagne. Cependant, six jours plus tard, Pétain déclare ouvertement dans un discours radiodiffusé qu’il prend « le chemin de la collaboration » (le mot collaboration est alors lancé par Pétain lui-même).

Pétain préconise une collaboration conditionnelle, dans laquelle il attend des concessions du côté allemand. Il a notamment lutté pour la libération de plus d’un million et demi de prisonniers de guerre français, l’assouplissement du régime d’occupation et l’ouverture de la ligne de démarcation entre les zones libres et occupées. L’attitude de Pétain se distingue ainsi de celle de collaborateurs nazis plus francs, tels que Marcel Déat et Jacques Doriot, qui agissent sous protection allemande à Paris.

Après quelques mois, Pétain en a assez de son vice-premier ministre. Philippe pétain jeune. Le 13 décembre 1940, il révoque Laval et le fait même emprisonner pour un temps. Beaucoup, y compris Hitler, pensent que Pétain veut se distancer de l’Allemagne et que la politique de collaboration de Laval est trop large. Les gens commencent à croire que Pétain joue un « double jeu ».

En réalité, Pétain pense que Laval est trop têtu et le met devant le fait accompli. Ils n’avaient pas de différences majeures dans leur façon de collaborer. L’ancien premier ministre Pierre-Etienne Flandin a succédé à Laval comme vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères.

Bien qu’il soit considéré comme pro-allemand avant la guerre, les Allemands ne veulent pas lui parler. Après moins de deux mois, Flandin est remplacé par l’amiral François Darlan, également désigné par Pétain comme son successeur.

Darlan a intensifié sa collaboration. Il a conclu avec certaines autorités allemandes les « protocoles de Paris », qui n’ont jamais été mis en œuvre. Il y a également eu une coopération entre les polices allemande et française.

Bien que les troupes de Vichy soient attaquées par les Britanniques dans la zone du mandat syrien, Pétain continue de refuser de déclarer la guerre à la Grande-Bretagne. Pendant ce temps, Vichy continue d’entretenir de bonnes relations avec les États-Unis, même après leur entrée en guerre contre l’Allemagne à la fin de 1941.

Le 19 avril 1942, Pétain ramène Laval au pouvoir. Il redevient ministre des affaires étrangères et reçoit désormais le titre de chef du gouvernement. Pétain déclare à l’ambassadeur américain que les Allemands l’ont forcé à le faire, ce qui est faux. L’amiral Darlan reste le successeur désigné de Pétain et devient également commandant en chef des forces armées. Dans le même temps, certaines personnalités nazies déclarées entrent au gouvernement, comme Abel Bonnard et Jacques Benoist-Méchin.

Le nouveau gouvernement Laval suit une ligne explicitement pro-allemande et devient de plus en plus impopulaire. Cependant, Pétain, en tant que chef d’État, a pu maintenir une certaine distance avec le gouvernement et a donc continué à bénéficier d’un large soutien.

Après l’échec de l’attaque alliée sur Dieppe, Pétain envoie une lettre de félicitations à Hitler dans laquelle il propose que les troupes françaises et allemandes défendent ensemble la côte française. Ce faisant, il va plus loin que Laval, qui refuse la collaboration militaire.

Occupation de la zone franche

Le 8 novembre 1942, les armées américaines et britanniques débarquent sur les côtes de l’Algérie et du Maroc, zones sous le contrôle du gouvernement de Vichy. Les États-Unis avaient informé Pétain que l’attaque n’était pas dirigée contre son gouvernement, mais sur les ordres de Pétain, les troupes françaises sur place ont opposé une résistance.

Cependant, l’amiral Darlan, qui se trouve à Alger, parvient à un accord avec les Américains au bout de quelques jours. Pétain désapprouve ouvertement l’attitude de Darlan. Il dira plus tard qu’il avait donné son accord en secret.

À la suite du changement d’avis de Darlan, les troupes allemandes et italiennes envahissent la partie inoccupée de la France le 12 novembre. Ce faisant, l’Allemagne a rompu l’armistice de 1940. Plusieurs collaborateurs de Pétain lui conseillent désormais de choisir le camp des Alliés et de partir en Afrique du Nord par avion.

Pétain, cependant, dit qu’il est de son devoir de rester en France pour alléger le sort des Français. S’il partait, a-t-il dit, il serait remplacé « par un Déat ou un chef de gouvernement qui déclarerait la guerre aux Britanniques et aux Américains, et je ne veux pas de ça ».

En restant en France, Pétain devient de facto un vassal des Allemands. C’était un tournant. Le vieux maréchal perd le soutien de beaucoup de ceux qui avaient vu en lui un défenseur de l’indépendance française. Certains de ses anciens partisans ont rejoint la résistance. Les généraux Alphonse Juin et Jean de Lattre de Tassigny se rangent du côté des Alliés.

Gouvernement fantoche

Pétain lui-même avait délégué l’essentiel de son pouvoir à Laval après l’ultimatum allemand du 15 novembre 1942. Philippe pétain mort. Le Conseil des ministres se réunissait sans lui et le chef du gouvernement pouvait promulguer des lois et des décrets sans son approbation.

En même temps, Pétain – contrairement à Laval – comprend que l’Allemagne est en train de perdre la guerre. Il cherche le contact avec les anti-allemands, mais rejette de Gaulle et la Résistance. Il avait même prévu de reconvoquer l’ancien parlement français.

Avec l’approbation d’Hitler, Otto Abetz, le représentant allemand en France, lui adresse un ultimatum le 3 décembre 1943. Toutes ses décisions devaient être approuvées par les Allemands. Laval doit diriger un gouvernement qui dépend totalement de l’Allemagne. Abetz s’attendait à ce que Pétain refuse et démissionne, mais il a cédé.

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Le gouvernement français est désormais un gouvernement fantoche, sur lequel Pétain n’a plus aucun contrôle. Lorsque Déat est nommé ministre par Laval, le chef de l’État refuse de l’approuver, mais Déat entre quand même en fonction. Pétain lui-même est pratiquement sous surveillance allemande, bien qu’il soit autorisé à maintenir une escorte symbolique.

Malgré l’atmosphère de terreur croissante, il conserve une certaine popularité. De nombreux Français ont continué à considérer le Maréchal comme une ancre dans les mauvais moments, les protégeant du pire. Lorsqu’en avril 1944, il se rend à Paris pour la première et dernière fois de son règne, il est applaudi par une foule nombreuse qui entonne spontanément la Marseillaise, pourtant interdite par les Allemands.

Pendant ce temps, la résistance armée en France contre l’occupant ne cesse de croître. Pétain l’a appelé « terrorisme ». La Milice Française, organisée par Joseph Darnand, combat la résistance au nom de Pétain et traite les opposants au régime avec une grande cruauté.

Le 28 avril 1944, sous une forte pression allemande, Pétain prononce un discours radiodiffusé dans lequel il promet à la population de ne pas commettre d’actes de résistance et avertit que la « prétendue libération » est un « mirage trompeur ». Pétain appelle également les Français à ne pas s’impliquer dans la bataille qui éclatera lorsque les Alliés débarqueront en France.

Après le débarquement allié en Normandie, il proteste contre les massacres allemands de Tulle et d’Oradour et prend ses distances avec les excès de la Milice. Il tente de contacter De Gaulle par un intermédiaire pour organiser un transfert de pouvoir, mais ce dernier refuse. Il a même élaboré un plan pour se faire kidnapper par la Résistance. Philippe pétain taille. Les Allemands y ont mis fin.

Kidnapping

Le 20 août 1944 – la libération de la France bat son plein – Pétain est emmené contre son gré à Vichy par les troupes allemandes, au cours desquelles il résiste symboliquement.

Il a été emmené à Morvillars, près de Belfort, et peu après au château de Sigmaringen en Allemagne. Pétain se considère désormais comme un prisonnier des Allemands et ne veut plus agir en tant que chef d’État.

Comme Laval, il refuse de collaborer avec la commission gouvernementale de Sigmaringen, sorte de gouvernement collaborationniste en exil, dont Déat et Darnand sont membres.

Lorsqu’il apprend qu’il va être jugé par contumace dans la France libérée, il écrit à Adolf Hitler pour demander à pouvoir rentrer dans son pays. Il n’a reçu aucune réponse. Finalement, ses gardes allemands l’ont laissé partir en avril 1945. Via la Suisse, Pétain peut atteindre la frontière française le 26 avril, où il est immédiatement arrêté, mais avec le plus grand respect.

Procès et condamnation

Le 23 juillet 1945, Pétain, âgé de 89 ans, comparaît devant une Haute Cour spéciale : Philippe pétain tombe. Le procès a suscité un énorme intérêt. Des personnalités importantes telles que Reynaud, Daladier et Weygand ont témoigné, mais aussi Laval et Darnand. Tout au long du procès, qui a duré trois semaines, le maréchal a à peine parlé.

Ses avocats ont défendu la thèse selon laquelle, par sa présence en France, il avait sauvé les Français d’un désastre bien plus grand, et mis en pratique la théorie du double jeu : Pétain aurait été le bouclier, tandis que De Gaulle était l’épée. Les mesures prises contre les Juifs et les autres excès de son régime sont peu discutés. Pour le gouvernement de Gaulle, il s’agit surtout de faire de Pétain un traître et de contester la légitimité de son gouvernement.

Un jury composé de résistants et de parlementaires qui avaient voté contre la poursuite de Pétain devait le juger. Il a été reconnu coupable de haute trahison et de collaboration avec l’ennemi.

Avec la plus petite majorité possible, la cour et le jury ont prononcé la peine de mort, mais ont en même temps recommandé une grâce en raison de son âge avancé. Il a également été condamné pour « indignité nationale », ce qui signifie qu’il a perdu ses droits civils. De Gaulle commue immédiatement la peine de mort en prison à vie.

Les dernières années

En août 1945, Pétain est transféré au Fort du Portalet dans les Pyrénées, puis en août au fort de l’Ile d’Yeu, une île au large de la côte atlantique. Il y est resté dans des conditions relativement confortables.

Un an après sa condamnation, il a été interrogé par une commission d’enquête, mais ses capacités mentales s’étaient détériorées. Ses avocats ont demandé une révision de son procès. Avec l’âge, les appels à sa libération ou à la commutation de sa peine en assignation à résidence se sont multipliés. Même De Gaulle a insisté sur ce point.

En juin 1951, Pétain, malade, est transféré dans une maison à Port-Joinville, la capitale de l’île, où il meurt le mois suivant, à l’âge de 95 ans. Il a été enterré deux jours plus tard dans le cimetière des marins d’Yeu.

Vie privée

Philippe Pétain est resté célibataire pendant la majeure partie de sa vie. En tant que jeune officier, il a demandé la main d’une jeune fille aisée à plusieurs reprises, mais a toujours essuyé le refus de ses parents.

Il fréquentait régulièrement les maisons closes et avait un grand nombre de maîtresses, parfois plusieurs en même temps. Pendant la Première Guerre mondiale, son adjudant devait souvent accompagner une maîtresse au quartier général. Sa popularité en tant que général lui vaut un grand nombre d’admirateurs.

Il a 64 ans lorsqu’en 1920, il épouse Annie Hardon, de 21 ans sa cadette, qu’il avait demandé en vain à épouser 19 ans plus tôt. A ce moment-là, elle avait été sa principale maîtresse pendant des années et elle était séparée.

Son premier mariage est annulé ecclésiastiquement en 1929, mais ce n’est qu’en 1941 que Pétain, devenu chef d’État, se marie ecclésiastiquement. Il s’agissait d’un mariage secret sous le gant de l’archevêque de Paris, à la connaissance du pape, auquel Pétain lui-même était absent.

De plus, en tant qu’homme marié, Pétain avait des liaisons avec d’autres femmes, même à Vichy. Annie Pétain restera toujours à ses côtés : Philippe pétain verdun. Après sa condamnation, elle s’est installée à Yeu et rendait visite à son mari tous les jours.

Mémoire

Même après sa condamnation, le respect pour Pétain reste élevé. Bien qu’il ait perdu toutes ses fonctions et tous ses titres en raison de sa condamnation de l’indignité nationale, beaucoup de gens continuent à parler du « Maréchal Pétain ». L’Académie française décide que le poste occupé par Pétain restera vacant jusqu’à sa mort.

Immédiatement après sa mort, une association pour la mémoire du maréchal Pétain a été fondée, qui existe toujours et œuvre pour sa réhabilitation. En 1973, son cercueil a été déterré et volé par un commando d’extrême droite, dans l’intention de le réenterrer à Douaumont, près de Verdun. Mais après quelques jours, le cercueil a été retrouvé et rendu.

Lors d’occasions spéciales, comme les anniversaires de la fin de la guerre, les présidents français font déposer des fleurs sur sa tombe. Sous la présidence de François Mitterrand – lui-même ancien collaborateur de Pétain à Vichy – cela s’est produit tous les 11 novembre de 1987 à 1992. Elle a pris fin après les protestations des organisations juives, entre autres.

Le prestige du « héros de Verdun » décline à mesure que la recherche historique révèle son rôle dans la collaboration. Cependant, dans un sondage réalisé en 1996 pour déterminer qui était le plus grand Français du 20e siècle, Pétain est arrivé en septième position.

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